Impacts socio-économiques

La pollution sonore a des impacts sociaux et territoriaux majeurs et génère un coût économique très important pour la collectivité, estimé à environ 0,4 % du PNB total de l'Union européenne.


La pollution sonore a des impacts sociaux et territoriaux prépondérants. Les niveaux sonores élevés le long des axes de transport très fréquentés dans le centre des villes engendrent un exode vers la périphérie, plus tranquille. Cette évolution ne reste pas sans conséquence pour la mixité sociale, les personnes aux revenus les plus modestes n'ayant pas la possibilité de se soustraire au bruit. Qui plus est, elle est à l’origine de nouveaux flux de pendulaires, qui engendrent des problèmes de bruit dans des zones jusque-là silencieuses. Les propriétés situées dans des endroits bruyants se vendent et se louent à des prix inférieurs. En comparaison de bâtiments se trouvant dans des quartiers plus calmes, l'état de nombreuses habitations à proximité immédiates d'axes très fréquentés est nettement moins bon. Face aux perspectives défavorables de développement des quartiers fortement exposés au bruit, les propriétaires évitent les investissements et renoncent par exemple à entreprendre une rénovation. On aboutit ainsi à une spirale descendante dans ces secteurs. Le bruit apparaît ainsi comme un facteur qui renforce les inégalités sociales et territoriales.

Les coûts du bruit pour la collectivité sont associés à la fois aux coûts des dommages causés et aux coûts de réduction ou de réparation de ces dommages.

Les coûts des dommages sont relatifs :
  • aux coûts sociaux liés aux impacts sanitaires du bruit (traitement médical des maladies cardiovasculaires, arrêts de travail, frais d'assurances, coûts immatériels liés à la perte de bien-être, au manque de concentration, à la fatigue, aux douleurs, à la souffrance des malades et de leurs proches) ;
  • aux répercussions économiques du bruit en termes de dévaluation des prix de l'immobilier, de perte d'attactivité de certains secteurs et de perte de productivité due aux effets du bruit sur la santé.

Les coûts des dommages induits par le bruit généré par les transports routier et ferroviaire dans l’Union européenne ont été estimés récemment à 40 milliards d'euros, ce qui représente environ 0,4% du PNB total de l’Union européenne.

La réparation des dommages causés par le bruit nécessite également de mobiliser des moyens financiers considérables. Ainsi les travaux de construction d'écrans ou d'isolation acoustique de bâtiments coûtent chers : il faut ainsi compter en moyenne 600 € HT pour un m2 d'écran acoustique ou 1 800 € HT/ml d'écran (sur la base d'une hauteur de 3 m de haut), 50 € HT pour un m3 de merlon ou 900 € HT/ml de merlon (sur la base d'une hauteur de 3 m de haut), 10 000 € HT pour le traitement de façade d'une maison individuelle (changement des ouvertures exposées).