Impacts sur la santé

Le bruit dans l'environnement constitue un grave problème sanitaire. Parmi les facteurs de risque environnemental en Europe, le bruit apparaît ainsi comme la seconde cause de morbidité derrière la pollution atmosphérique.

Selon la publication d'avril 2011 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre commun de recherche de la Commission (CCR), le bruit causé par les transports pourrait coûter chaque année dans les Etats membres et les autres pays d'Europe occidentale plus d'un million d'années de vie en bonne santé, ce qui place le bruit à la deuxième place des causes environnementales de morbidité.

L'exposition au bruit dans l'environnement a essentiellement des effets sur la santé que l'on qualifie d'effets extra-auditifs car n'impactant pas directement le système auditif (comme cela peut être le cas pour les expositions au bruit en milieu professionnel, lors de l'écoute de musiques amplifiées ou lors de la pratique de loisirs bruyants). Au cours des deux dernières décennies, de nombreuses publications ont établi un lien direct entre exposition au bruit dans l’environnement et problèmes de santé. Les impacts sanitaires qui sont aujourd'hui les mieux documentés et reconnus sont les suivants :

La gêne

Selon la définition de l'OMS, la gêne est « une sensation de désagrément, de déplaisir provoquée par un facteur de l’environnement (le bruit, par exemple) dont l’individu ou le groupe connaît ou imagine le pouvoir d’affecter sa santé ». Chaque individu a sa propre perception du bruit. La gêne qu'il ressent est le résultat de facteurs liés au bruit (intensité sonore, émergence par rapport au bruit de fond, répétitivité du bruit, signature fréquentielle) mais également de facteurs contextuels et individuels tels que la période de la journée pendant laquelle le bruit survient, le caractère subi ou choisi du bruit, l'image positive ou non que la personne a de la source sonore, son histoire personnelle et ses habitudes socio-culturelles, son âge... D'après le rapport de l'OMS de 2011, une personne sur 3 en Europe se déclarerait ainsi gênée par le bruit des transports.

Les perturbations du sommeil

Les troubles du sommeil générés par le bruit peuvent être un retard à l’endormissement, une augmentation du nombre et de la durée des éveils nocturnes, la réduction de la durée totale du sommeil, des modifications des différentes phases du sommeil avec une diminution du sommeil profond et des phases de sommeil paradoxal. Un sommeil de mauvaise qualité a de graves répercussions sur la vie quotidienne en entraînant somnolence, baisse de l'attention et des performances en exposant ainsi les personnes à des risques plus importants d'avoir un accident de la route ou du travail. D'après le rapport de l'OMS de 2011, une personne sur 5 en Europe aurait un sommeil de mauvaise qualité du au bruit des transports.

Les risques cardio-vasculaires

Les nuisances sonores peuvent provoquer des réactions non spécifiques de stress physiologique et être à l’origine de problèmes cardiovasculaires chez les sujets exposés au bruit de manière chronique. Le stress peut déclencher la production de certaines hormones (adrénaline, catécholamines, cortisol...) pouvant entraîner divers effets intermédiaires comme l’hypertension artérielle. Sur une période d’exposition prolongée, ces effets peuvent à leur tour accroître le risque de maladie cardiovasculaire.

Les retards dans les apprentissages

L'exposition des enfants au bruit entraîne des difficultés de concentration et affecte les fonctions cognitives des écoliers, entraînant ainsi retard dans l'apprentissage et problèmes de comportement.

Pour aller plus loin

Impacts sanitaires du bruit : état des lieux, indicateurs bruit-santé AFSSE, novembre 2004