Pourquoi un nouvel indice ?

Le grand public ainsi que les autorités sont en attente d'informations plus aisées à appréhender sur l'environnement sonore.

La réalisation des cartes stratégiques de bruit exigées par la directive européenne 2002/49/CE a permis d’initier une dynamique de prise en compte de l'environnement sonore par les autorités et d'information du public sur le sujet.

Certaines collectivités territoriales ont également favorisé le déploiement de réseaux de mesure du bruit (Madrid, Bruxelles, Athènes, Grand Lyon, Lille, Paris et région Ile-de-France...) pour aider les acteurs à disposer d’informations fiables sur les niveaux sonores et orienter ainsi au mieux les politiques publiques de lutte contre le bruit. Etablie en complément de la cartographie et plus fidèle à la réalité du bruit perçu, la mesure permet d’affiner le diagnostic, d'apporter de l'information sur les variations temporelles du bruit et d'identifier les événements particuliers de type klaxons, passages d’avions, de trains ou de véhicules motorisés bruyants.

Néanmoins, les informations délivrées sur le bruit que ce soit sous la forme des cartes stratégiques de bruit ou sous la forme de résultats de mesures restent à ce jour difficiles à appréhender et à comprendre pour des non-spécialistes, en raison des indicateurs utilisés (Lden, Ln, LAeq, LA10, LA90, NA, LAmax… pour n’en citer que quelques-uns) qui sont multiples, compliqués à expliquer et relativement éloignés du ressenti des populations. Qui plus est, l'unité utilisée par ces indicateurs, à savoir le décibel, présente l'inconvénient de ne pas se manipuler aisément, l'addition de deux niveaux sonores exprimés en décibels n'étant pas arithmétique mais logarithmique. Ainsi 60 + 60 dB ne donne pas 120 dB mais 63 dB...

Toutes ces raisons rendent encore compliquée l'appropriation de la problématique du bruit par les autorités et le grand public.

Une enquête auprès de 800 personnes a été réalisée au démarrage du projet Harmonica afin d'évaluer l'état de la connaissance et les attentes du grand public en matière d'information sur l'environnement sonore. Les résultats obtenus sont venus conforter le fait que la population a du mal à s'y retrouver avec l'information diffusée jusqu'à présent sur le bruit. Ainsi l'enquête confirme que les connaissances en acoustique des répondants sont très parcellaires et que ceux-ci ont du mal à associer des niveaux de bruit aux situations d'exposition de la vie quotidienne. Il ressort également des résultats que le public juge qu'une information sur les pics de bruit qui surviennent au cours de la journée offrirait une bonne complémentarité à la documentation du niveau sonore.

Il devenait donc indispensable de proposer une information plus facile à appréhender et plus proche de la réalité des nuisances sonores telles qu'elles peuvent être ressenties par les riverains.

Telle a été l'ambition qui a guidé les travaux de construction de l'indice Harmonica.

Pour aller plus loin

Résultats de l'enquête sur l'état des connaissances et les attentes du grand public en matière d'environnement sonore Acoucité, Bruitparif, 2012